Ne nous trompons pas d'usage : ce n'est pas Photoshop !
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Ce papier est une suite à celui sur le format RAW.
J’ai pu lire, comme vous je l’imagine, des tests sur DCS Photo Desk aux conclusions peu flatteuses. Et d’aucuns de le comparer à Adobe Photoshop ! Sans vouloir être franchement désagréable, non seulement ces deux produits ne sont nullement en concurrence mais, de plus, ils sont complémentaires. En amont, Photo Desk récupère les images au format RAW et propose de les traiter globalement. Ensuite, un export au format TIFF ou JPG vers Photoshop permet de travailler chaque image individuellement si nécessaire, de manière créative.
Explications…
Revenons quelques secondes sur la manière de travailler proposée par Kodak pour le numérique professionnel…
Au début de la chaîne, un boîtier professionnel avec un capteur numérique d’exception et une optique. S’en suivent des prises de vue au format RAW (j’insiste sur ce format) à la résolution souhaitée (13,5 ou 6 mégapixels ou moins). Ces prises de vue sont enregistrées temporairement dans des cartes flash si vous êtes sur le terrain ou directement chargées sur un Macintosh (ou un PC) si vous êtes en studio.
Dans tous les cas de figure, à un moment ou l’autre, les images sont expédiées sur le disque dur via DCS Camera Manager qui peut ouvrir immédiatement DCS Photo Desk.
Le dossier que vous avez créé sous OSX à l’issue d’une Séance de prise de vue, Kodak vous affiche son contenu sur la forme d’une planche contact (contact sheet).
Cette dernière étape remplace désormais le labo. Le labo, c’est le photographe lui-même qui va traiter ses vues pour les exépdier à son client ou générer des impressions. Pour cela, Kodak a créé un superbe outil pour lui faire gagner du temps.
Certains professionnels semblent ne pas comprendre que l’on est passé de la lampe à huile à la lampe halogène (ce n’est qu’une image pour vous propvoquer). En gros, on ne fait plus en numérique une image comme en argentique. L’ordinateur s’est invité dans la chaîne de prod et remplace désormais le process de développement des 135 mm. De plus, l’image est, plus que jamais, un “business” et la réduction des temps de traitement devient essentiel.
Désormais, avec un soft évolué comme Photo Desk et un format comme le RAW, on shoote, corrige, cadre, filtre (avec des profils standardisés, les fameux “look”) et imprime avec une qualité professionnelle en moins de 8 minutes. En couleurs, en sépia ou en noir et blanc, on part de la même image en RVB.
La série des boîtiers DCS de Kodak n’est pas faite pour l’amateur. Elle est au service des professionnels qui ont besoin d’outils performants pour gagner leur croûte dans leurs boutiques. Et Photo Desk est l’un des maillons pour réaliser des images parfaites pour leurs clients. Pour des images créatives et uniques, prennez Photoshop. Pour des images calibrées et constantes, Photo Desk.
Les spécificités de Photo Desk
Encore une fois, Photo Desk n’est pas fait pour se substituer à Photoshop. Photo Desk est ici pour aider le photographe à traiter ses prises de vue. Et cela commence d’ors et déjà en mode Planche Contact !
Si vous venez de ramener une moisson d’images, généralement, vous commencez par les trier :
Il y a les bonnes et les autres.
Il suffit de créer une seconde planche contact ou d’en ouvrir d’existantes, de les disposer à l’écran (grand écran recommandé)… puis de trier. Restons au minimum, miniatures à 50 ou 100 % par exemple. Chaque vue affichée en miniature porte son numéro de prise de vue, un numéro d’ordre dans la planche contact et un rectangle en bas à droite qui spécifie son format : R pour RAW, T pour TIFF et J pour JPG. Basique.
Tiens, essayez d’ouvrir plusieurs dossiers de miniatures d’images dans Photoshop via l’explorateur de fichiers… Cela ne marche pas dans cette première version CS, dommage. Je ne suis pas inquiet : les développeurs de Photoshop y penseront pour une version ultérieure.
Par contre comme cela fonctionne sous Photo Desk, il suffit de prendre une ou plusieurs images (en sélection discontinue si vous le souhaitez) dans une même planche contact et de faire un simple cliqué déplacé vers une autre planche contact. En arrière-plan, le finder déplace, ni plus, ni moins, les fichiers d’un dossier vers un autre.
Simple et efficace.
Une fois ce tri effectué, on se doute que certaines ne sont pas exposées comme on le souhaite… Imaginez les prises de vue d’un mariage…
Il suffit de d’afficher les miniatures des planches contact dans un format un peu plus grand (100 à 200 %). Tiens, tiens, cinq nouveaux pictos apparaissent ainsi qu’une information de compensation. En survolant les cinq nouveaux pictos, nous avons les infos sur la balance des blancs, la valeur de la température de lumière, le look utilisé (encore un plus de Kodak), l’indication du niveau de bruit ou du renforcement pour chaque image
Que faire, ouvrir comme sur Photoshop les images une à une plein pot pour les corriger ?
Non.
Il suffit d’afficher la palette de contrôle d’image puis de sélectionner les images que l’on souhaite corriger de la même manière (une, deux, etc.) en mode planche contact puis de spécifier le type de traitement que l’on souhaite effectuer sur la sélection d’images… Réduction de bruit, réduction de renforcement, changement de look…
Pas la peine d’attendre, les images sont immédiatement modifiées, n’oubliez pas de sauvegarder. Au fait, cela a pris combien de temps ? 3 secondes.
Bref, au lieu d’ouvrir l’image, vous agissez directement sur le négatif numérique qu’est le format RAW.
Vous avez fait une erreur sur l’une des images ? Sélectionnez là et revenez aux valeurs d’origines de la prise de vue. Même si vous avez sauvegardé les changement 5 minutes avant. Et ce en 2 secondes.
Pourquoi ? Le format RAW conserve toutes les informations sources de la prise de vue. Puis ajoute celles de corrections. L’option retour aux valeurs d’origine vire simplement les informations de correction. CQFD.
Et vous êtes toujours en train de travailler sur des images sélectionnées dans le mode planche contact.
Un doute ? Sélectionnez une image et utilisez soit Window/Review selection… soit, plus pratique, l’outil Close-up, le quatrième outil de la palette Image control… Hop, il vous offre un agrandissement à 100 % de la portion de l’image sur laquelle vous avez cliqué SANS avoir toujours ouvert l’image. Cliquez ailleurs dans la miniature pour changer de point de vue. 1 seconde.
Tiens, il me semble que Photoshop ne fait pas cela.
Vous pouvez aussi afficher l’image complète à 100 % et effectuer les mêmes opérations mais très vite, je suis certain que vous allez apprécier l’utilisation de la planche contact. D’autant que le DCS fait bien son boulot.
Bref, d’ors et déjà les méthodes de traitement d’image sont différentes car ici Kodak fait appel aux informations du format RAW (inutile de penser que cela marche avec le TIFF ou le JPG).
Une fois ces traitements, corrections, modifications de look, de valeur de bruit, vous pouvez passer, alors et seulement, à Photoshop. Et seulement si cela vous semble untile.
Il vous suffit d’enregistrer Photoshop comme Image Editor (application d’édition d’images). Dès lors, vous pourrez envoyer n’importe laquelle de vos images vers Photoshop, dans un dossier de votre choix et soit en JPG soit en TIFF, chaque format possédant des options spécifiques dans les préférences de Photo Desk. Au passage, notez que vous pourrez aussi la (ou les) renommer.
Du coup, le format RAW reste bien le négatif numérique, vous créez pour Photoshop une copie de cette image, copie “prétraitée” et d’ors et déjà corrigée… Notez que je vais tester le JPG ERI un de ces quatre.
Alors en quoi Photo Desk est une application moindre que Photoshop ?
Il y a une raison, une seule : Photo Desk ne traite que les fichiers RAW issus des boîtiers Kodak… pas la peine d’y placer un fichier RAW Nikon, Pentax ou Leica… ! Mais hormis cela…
Bref, pour comprendre le process développé par Kodak, il faut changer son point de vue traditionnel d’angle et se mettre dans la peau d’un professionnel de l’image, désormais lié au numérique, et qui en vit quotidiennement.
Edit : n’hésitez-pas à faire un tour sur le site de Kodak pour la mise à jour du soft. Kodak travaille beaucoup dessus et les versions se succèdent quasiment tous les deux mois. 4.2.0 en août 2004 par exemple. Idem pour le firmware des caméras.
Un rapide survol
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Le service de presse de Nikon n’ayant pas encore récupéré le D70, je l’ai emprunté pour fixer quelques vues. Ma première impression a été absolument désastreuse. Venant de passer 15 jours avec le Kodak DCS SLR/n, le retour à un produit plus “grand public” fut douloureux.
Et de m’énerver sur le capteur, le bruit, la chromie des images à dominante trop cyan, les options réduites sur le format RAW, etc.
Pourtant, au bout de quelques jours et surtout, quelques réglages plus tard, le bilan est moins sévère.
La configuration étant celle du photographe précédent, j’ai juste réinitialisé ses réglages pour revenir à ceux d’origine et placer les miens à la suite.
En vrac :
• oublions le format RAW sur le Nikon. Autant se format est réellement un atout sur le Kodak, autant ici, les possibilités offertes pour retravailler l’image se réduisent à deux options, une fois l’application Nikon View 6 installée. Bref, le .jpeg (en mode résolution maximum et “fine”) s’avère convenable et permet de prendre environ 72 images sur une carte Flash 256 Mo.
• Résolution. Bon, on est loin des 4500 par 3000 du Kodak : Ici, 3008 par 2000, ce qui permet de réaliser des images de 16 cm par 25 à 300 dpi, voire 21 par 30 à 240 dpi. Très, très suffisant dans 95 % des besoins personnels.
• Capteur. Oui, il faut impérativement demander à l’appareil de réduire le bruit… Cela se passe via les menus.
• Balance automatique : en règle générale, elle fait correctement son boulot. Mais bon, n’hésitez pas à informer l’appareil de la qualité de lumière que vous percevez.
• Sensibilité. Pas de mystère, restons sur une plage ISO minimale. Le D70 démarre à 200, restons-y tant que cela est possible.
• Flash. Il a tendance à être mis en œuvre très fréquemment. Heureusement, on peut le désactiver…
• Carte mémoire. N’hésitez pas à la reformater. J’ai eu des problèmes pour transférer le contenu de la carte sur mon Mac. Du coup, une station d’accueil USB multicartes est un gros plus pour la photographe qui utilise des appareils aux formats mémoire différents. Attention au logement de la carte, nee pas forcer d’autant qu’elle s’insère en étant un poil en travers.
• Auto-focus. C’est pratique mais de temps à autre, vous devrez repasser en manuel et faire la mise au point, arbitrer en quelque sorte. La déconnexion / connexion se fait à l’aide d’un bouton
• Multimodes. Pas de recette miracle et un vaste choix assez déconcertant. À vous de vous faire votre religion. Pour ma part, j’aime bien basculer de l’un à l’autre en fonction du contexte ou de la mobilité des sujets (petits sujets à deux pattes !). le mode P (pour programme) propose également de calculer le meilleur compromis vitesse/diaph, couple que vous vous pouvez dès lors amender en jouant de la molette (et donc augmenter le diaph pour réduire la vitesse, etc.). Le M est le “pur” manuel pour celui-qui-veut-tout-contrôler-tout-seul, A (pour aperture) priorité à l’ouverture et S (Speed), priorité à la vitesse. Nikon propose sinon une série de préprogrammes comme portrait, nuit, sport, paysages, etc. Des feuilles de style pour package de photo en quelque sorte. On ne rit pas : c’est souvent plus efficace qu’un mode Manuel mal maîtrisé.
• Mesure de la lumière. Idem, j’aime bien la mesure spot mais il est très facile dans les modes M, A, S et P de changer cette mesure à la volée (bon, faut bien mémoriser que quel bouton appuyer et quelle molette tourner !).
Bon, mais où veut-il en venir ?
Je ne suis pas fanatique de ce type de boîtier mais je reconnais volontiers que cela fonctionne bien pour un usage photo loisir/plaisir. L’ensemble est léger, très réactif (pas de temps de recalibrage comme sur le Kodak), la prise en mains est assez rapide même si la lecture du Guide de démarrage et du manuel est in-dis-pen-sa-ble… simplement pour apprendre sur quels boutons appuyer et à quoi cela sert ! Le boîtier est assez ergonomique, le porteur de lunettes que je suis ne se bat pas avec le viseur.
Et avec cela, on obtient des photos correctes. Il ne faut pas hésiter à en faire beaucoup puis à éliminer celles qui sont médiocres. N’est-ce pas l’apanage même du numérique ? Le contrôle instantané de sa propre production.
Toutes les infos techniques sont blog de Luc.